L'Hérault, etc.
- Yann Batailhou

- 20 juil. 2022
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 avr. 2025

L’Hérault commence à s’affoler sur les menaces qui pèsent sur sa biodiversité : il était temps ! Extinction d’espèces, pesticides … Comme s’il s’agissait d’un scoop ! Ce constat qui ne date pas d’aujourd’hui pourrait être le même sur tout le territoire français tant les inepties se répètent uniformément.
Cela me rappelle une autre histoire : celle des changements climatiques. Il aura fallu 30 ans pour que les esprits commencent à intégrer l’information, à la comprendre et à revendiquer que les politiques agissent.
Mon avis est qu’il faudra le même laps de temps à la population pour qu’elle appréhende enfin ce que signifie le mot « biodiversité » et qu’elle réagisse en conséquence aux désastres annoncés. Arrivé à quelques mètres du mur, le commun des mortels se rendra enfin compte qu’il y’en avait bien un… avant de s’écraser dessus.
On aura eu de cesse de rabâcher qu’il aurait fallu stopper l’urbanisation, qu’il aurait fallu revoir nos modes de production destructeurs d’écosystèmes, agriculture et agroforesterie en premier lieu, industrie minière également, rien n’aura permis de faire changer les mentalités. C’est une propension de l’être humain d’attendre qu’il soit trop tard avant de se remettre en cause.
Les carnages qui ont lieu sur les milieux naturels, vous les avez devant vos yeux dès que vous sortez de chez vous : ici un nouveau lotissement, ici une nouvelle déviation, ici une nouvelle ZAC, ici une nouvelle LGV, ici une nouvelle déchetterie, ici une nouvelle extraction minière, ici un nouveau parc éolien ou photovoltaïque, ici une autre prairie transformée en champ de céréale, ici une nouvelle coupe rase, ici un nouveau golf, etc., etc.
Je dis adieu à cette prairie et à ce verger en plein cœur de la ville de Vendôme (Loir-et-Cher) qui ont récemment laissé place à un nouveau lotissement et à un nouveau quartier.
Je dis aussi adieu à cette lande herbeuse parsemée de buissons sur la commune de Billy (Loir-et-Cher toujours) qui vient d’être anéantie pour la construction d’un parc photovoltaïque qui peinera à éclairer nos quelques loupiottes. On s’étonnera ensuite que les oiseaux, les papillons et autres espèces typiques de ces milieux se retrouvent dans la catégorie « vulnérable » ou « quasi menacée » de nos listes rouges nationales ou régionales.
Il serait vain et impossible de lister ici le nombre de projets qui compromettent la biodiversité à l’instant t sur notre territoire national tant leur nombre est incommensurable, à tel point que même des espèces soi-disant communes comme le Hérisson d’Europe seront peut-être à jamais éteintes d’ici 10 ans !
C’est sans compter sur la capacité des écosystèmes à rendre des services utiles et gracieux aux populations humaines tels que le stockage du carbone, la rétention des eaux de surface et la lutte contre les inondations, l’autoépuration des eaux, l’accomplissement de grands cycles biogéochimiques (azote, carbone, phosphore, etc.), etc. Des notions que peu de personnes connaissent tant et si bien que les milieux naturels sont souvent considérés comme inutiles, voire malsains (« c’est là que vit la vermine », « cet endroit est impropre »). Alors nous nous employons sans cesse à vouloir rentabiliser chaque parcelle de terrain sauvage pour y faire quelque chose qui rapporte, quelque chose de juteux.
Les incultes détruisent par milliers d’hectares les quelques espaces vierges qui nous restent, au dépend de la biodiversité, des fonctions écosystémiques et donc, des générations futures.
Mais heureusement, l’Hérault s’affole… ouf, on est sauvé !






























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