Ecologistes versus Ecologues
- Yann Batailhou

- 7 déc. 2022
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 avr. 2025
Hier soir, l’agacement s’est emparé de moi. Face à la situation, je me suis demandé comment il est possible qu’un politicard puisse avoir une vision aussi partielle d’un sujet donné et qu’il puisse, de ce fait, prendre une décision avec une certitude aussi inébranlable que son orgueil.
Hier soir, le député Pierre Cazeneuve était l’invité de Yann Barthès dans l’émission Quotidien. Rapporteur du projet de loi visant à accélérer la production d’énergies renouvelables, le député espère rallier à sa cause les écologistes, entre autres, qui part ailleurs semblent avoir une opinion favorable à ce sujet.
Rappelons tout d’abord la différence qui existe entre un écologiste et un écologue.
L’écologiste adhère à une cause, en l’occurrence la cause environnementale. Toutefois, l’écologiste n’est pas forcément un scientifique, il ne dispose pas d’une formation en écologie lui permettant d’une part d’avoir bien intégré la définition de ce qu’est l’écologie et, d’autre part, de connaître l’ensemble des processus et des fondements de cette science.
L’écologue, quant à lui, est un professionnel de l’écologie. Il a suivi un cursus scolaire et universitaire dans une spécialité en écologie et, par conséquent, il connaît les notions d’écologie élémentaire et est empreint d’une connaissance scientifique en la matière.
Par conséquent, un écologiste, même militant, n’a pas forcément toutes les billes pour savoir de quoi il parle contrairement à un écologue qui connaît son sujet. On pourrait même dire qu’un écologiste n’est pas forcément écologue, tandis qu’un écologue est très souvent écologiste, comprenez par là qu’il défend une cause dont il connaît les tenants et les aboutissants.
Le député Pierre Cazeneuve est manifestement influencé par les écologistes qui n’y connaissent rien en écologie, tandis qu’il est loin des préoccupations des écologues qui maîtrisent le sujet.
Aussi, quand il s’exprime, il semble ne pas s’écouter parler. Car il parle bien de « déploiement des énergies renouvelables » sur des « espaces disponibles ». Rien qu’en prononçant ces termes, il devrait se rendre compte de l’incompatibilité qu’il y’aura entre « déployer » des parcs éoliens et des champs de photovoltaïques et le fait de préserver la biodiversité.
Car en effet, quels sont ces « espaces disponibles » dont il fait allusion ? Des friches, des délaissés agricoles, des prairies, des landes herbeuses … précisément des milieux où réside une biodiversité aujourd’hui extrêmement menacée. Le député entend donc déployer les énergies renouvelables sur ces espaces, soit de produire de l’énergie au détriment de systèmes naturels ou semi-naturels relictuels.
Son projet de loi s’annonce alors comme une véritable catastrophe pour les écosystèmes qui, après avoir connu l’urbanisation à outrance et la reconversion en terres arables, vont maintenant faire l’objet de spéculations foncières pour se voir transformer en zone de production énergétique.
Parmi les arguments du député pour défendre sa loi, il évoque « la souveraineté énergétique du pays » (entendez par là l’autonomie de la France en termes d’énergie) et la « neutralité carbone ». Cette souveraineté énergétique et cette neutralité carbone pourraient être atteints grâce à l’énergie nucléaire, dont les écologistes ne veulent pas entendre parler, bien que compte tenu de la surpopulation planétaire, il semble que ce soit le seul moyen efficace de fournir de l’énergie à tout le monde dans un monde où nous ne semblons pas déterminés à vivre moins nombreux.
Car on ne pourra pas tout avoir, à savoir 8 milliards d’habitants et l’énergie nécessaire à tout le monde. Si nous devons compter sur les énergies renouvelables pour satisfaire les besoins énergétiques de toute la population, nous allons continuer à saccager et à éradiquer de cette planète le peu de biodiversité qui y subsiste.
Si Pierre Cazeneuve faisait de l’écologie, il s’interrogerait sur les interactions prévisibles de son « déploiement » d’énergies renouvelables sur les autres ressources du territoire. En s’écoutant parler, il se rendrait compte que l’« espace disponible » qu’il évoque est forcément un espace libre de toute contrainte urbaine et agricole et, par conséquent, qu’il ne peut s’agir que d’un espace naturel ou semi-naturel.
La situation est d’autant plus désolante que Pierre Cazeneuve n’a que 27 ans. Il fait donc partie de ces générations futures qui pensent résoudre un problème alors qu’ils ne font que commettre une grave erreur. Et tandis que le député s’exprime sur le sujet, Yann Barthès semble consentir à son projet qui, à priori, paraît honorable mais qui, en fait, annonce la fin programmée de la biodiversité dans nos territoires.
Preuve que même les journalistes peuvent avoir une vision aussi erronée de certains sujets que nos décideurs politiques.
En conclusion, vous l’aurez compris, il vaudrait mieux consacrer notre budget dédié à l’énergie dans l’entretien et la sécurité de nos centrales nucléaires afin d’éviter tout risque liée à ce mode de production d’énergie et, dans le même temps, voter un budget pour préserver nos espaces encore disponibles et en faire des sanctuaires de biodiversité.
Mais pour cela faudrait-il encore que les écologistes aient la tête sur les épaules !
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https://www.tf1.fr/tmc/quotidien-avec-yann-barthes/videos/quotidien-deuxieme-partie-du-6-decembre-2022-25620736.html































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