Et si on continuait de faire les beaux ?
- Yann Batailhou

- 2 avr. 2021
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 1 nov. 2024
J’ai récemment reçu le journal du département « LOIR&CHER INFO ».
Je sais d’avance qu’en lisant ce papelard, je vais me retrouver face à des paradoxes et des contradictions diverses et des articles où torchons et serviettes seront mélangés.
On va certainement nous parler d’économie. D’ailleurs dans ce nouveau numéro 102 du Printemps 2021, un dossier spécial y est consacré.
Les poules n’auront certainement jamais de dents, le journal « LOIR&CHER INFO » n’aura certainement jamais son dossier spécial écologie.
Au même instant, ça y’est, nous voilà à nouveau semi-reconfinés (on ne sait plus très bien comment appeler la chose) !
Prenant des baffes coup sur coup, la remise en cause de notre système n’est toujours pas au menu du jour. C’est économie, économie et encore économie.
Le Titanic n’a jamais voulu dévier sa route, et le voilà en train de sombrer.
Du coup, je feuillète en diagonale le fameux papelard.
Quel cynisme ! En vis-à-vis de l’éditorial de Nicolas PERRUCHOT, le Président du conseil départemental de Loir-et-Cher, adoubé par son prédécesseur, Maurice LEROY, on nous informe sur le « mois de la biodiversité » qui aura lieu du 7 mai au 7 juin 2021. La biodiversité, c’est bien parce que ça rameute des foules en manque de sorties. La biodiversité, c’est bien quand ça rapporte des sous.
Et pendant ce temps, alors que cette biodiversité continue de s’effondrer, Nicolas nous parle de son ambitieux plan « Relance 41 » avec son édito intitulé « Renforcer l’attractivité » : Aïe ! Dans son édito qui tient à peine sur une page, les mots économique ou économie reviennent 4 fois. On a beau organiser un mois de la biodiversité, l’écologie ne sera toujours pas au rendez-vous.
Et de finir l’éditorial par cette phrase : « Que tous les acteurs de l’activité économique soient assurés de la mobilisation pleine et entière du département à leurs côtés ». Tout est dit !
Mais alors qu’en est-il de l’écologie et de la biodiversité ?
Rendez-vous dans le même document page 17. Un nouvel aménagement a été mis en place : un giratoire pour desservir, tenez-vous bien, la zone d’activités nord de la gare TGV, les 8 ha appartenant à la Chambre de commerce et d’industrie de Loir-et-Cher qui restent à aménager et les 10 autres ha, viabilisés, qui appartiennent désormais, toujours aux mêmes, soit à la société des ateliers Louis-Vuitton qui implante là une deuxième unité de fabrication.
Comprenez par là que 18 ha de prairies, jachères, friches et autres vont partir en fumée, toujours au nom de l’économie et que « desservir » signifie aussi construire de nouvelles voies de communication à partir de ce giratoire qui a déjà coûté 590 000 € (bon sang, ça aurait pu en faire des haies à replanter et des prairies à conserver). Evidemment, la nouvelle manne d'emplois industriels est mise en avant sans prendre en considération que si nous avions dédié 590 000 € à la création d’emplois liés à l’environnement, nous aurions pu aller plus loin qu’une simple manifestation pour la biodiversité de mai à juin.
Et pour finir, on nous informe qu’un troisième site « estampillé » (je cite) Vuitton est aussi évoqué en Vendômois, ce qui nous fait donc 3 sites pour la même entreprise.
On aura donc tout cédé à Louis Vuitton, sans jamais tenter autre chose et éviter l’impact sur l’environnement tout en créant des emplois relatifs à la protection du patrimoine naturel.
Qui est aux commandes du navire ? Je vous le demande.
Dans la foulée, je vous invite à prendre connaissance de la page 22 où Cubéco (c’est le nom de l’entreprise) fabrique des maisons, cette fois estampillées (je me cite) écologiques.
Sachant que la maison écologique n’existe pas, puisqu’elle induit une emprise spatiale supplémentaire, je prends peine à lire le paragraphe consacré à cette énième ineptie pour apprendre quand même qu’« une maison peut être finie construite en six semaines ».
Jusqu’à aujourd’hui, nous parlions d’urbanisation galopante, maintenant, grâce à Cubéco, nous allons pouvoir passer la vitesse supérieure et poursuivre vers une urbanisation extra-galopante. Mais bon, la maison est écolo paraît-il, autant que l’espace vert autour de celle-ci qui sera « entretenu » pour du gazon tondu à ras, car il n’y a pas de raison que les mauvais réflexes ne perdurent pas.
Devant autant de médiocrité, je réitère et signe : nous sommes bel et bien perdus et le COVID19 n’aura absolument jamais servit à nous remettre en cause, bien au contraire, car nous repartons de plus belle. En admettant, ayant résisté au premier iceberg, s’il y’en avait un second ensuite, nous serions certains de nous le prendre aussi en pleine poire.


































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